Enseignement des mathématiques : l’universitaire Mouhamadou Falil Sy publie un livre en pulaar

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Un jeune professeur africain de 30 ans, de l’Université de Virginie, aux Etats-Unis, vient de publier un ouvrage sur l’enseignement des mathématiques en langue pulaar. A travers son livre, Mouhamadou Falil Sy démontre que les sciences peuvent bel et bien être enseignées dans les langues africaines.

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Mouhamadou Falil Sy est docteur en mathématiques. Ce natif de Bélinabé, commune de Kaédi, en Mauritanie, est un scientifique doublé d’un linguiste. Après son cycle élémentaire en Mauritanie, il a poursuivi ses études en France où il a obtenu sa licence, son master et son doctorat en mathématiques. Par la suite, il se rend aux Etats-Unis d’Amérique où il enseigne les mathématiques en anglais à l’Université de Virginie.

Pulaar bon teint, assoiffé de mathématiques, ce jeune professeur d’université de 30 ans a l’ambition de contribuer à la promotion des sciences à partir des langues africaines. Pour ce faire, il a entamé une série de publications en mathématiques en langue pulaar. Ainsi, il a publié en 2016 son premier ouvrage intitulé « Les écrits mathématiques ». En janvier 2020, l’enseignant-chercheur a mis sur le marché « Les sciences mathématiques ». Il s’agit d’une riche production scientifique de 900 pages déclinée en trois tomes. Le premier porte sur les bases des mathématiques, le deuxième parle de niveau intermédiaire, alors que le troisième est consacré au stade avancé.

A travers ses ouvrages, Dr Sy démontre qu’il est bel et bien possible et plus pertinent d’enseigner les mathématiques dans les langues africaines et plus particulièrement en langue pulaar, en utilisant la technologie linguistique. Pour l’enseignant-chercheur, cet ouvrage constitue un outil important par lequel on peut apprendre facilement les mathématiques. « C’est un livre multidimensionnel qui peut être utilisé dans les différents cycles et ordres d’enseignement, de l’élémentaire à l’université. J’ai beaucoup aimé les bonnes initiatives du ministère de l’Education nationale du Sénégal et de ses partenaires comme Ared (ndlr : Association de recherche en éducation pour le développement), qui travaillent à mettre en place un modèle harmonisé bilingue. Cela prouve que nos langues sont indispensables dans l’amélioration des systèmes éducatifs en Afrique », a déclaré l’universitaire. Celui-ci a souligné qu’il faut se départir de la formalité qui nous empêche d’être en contact direct avec la science parce qu’on intercale une langue qu’on doit d’abord apprendre avant d’accéder à la science. Ce qui, de son point de vue, constitue une barrière de trop à l’apprentissage de la science. « Les langues étrangères doivent être des moyens qui nous ouvrent des fenêtres dans le monde. Mais avant d’avoir une fenêtre, faudrait-il d’abord avoir une case et notre case, ce sont nos langues nationales qui vont nous permettre d’être en contact direct avec la science », a-t-il expliqué.

Le livre est disponible à Nouakchott et à Dakar. Et dans un souci de démocratiser l’accès à la science à tous, l’auteur a pris l’engagement de mettre sa production dans le Net pour qu’elle puisse être consultée gratuitement. Une décision personnelle, car il estime que « la science doit être partagée et accessible à tous ».

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